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Lire des Romans

  • Li Chin de Shin Kyung-Sook

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    • li chin, sin kyung-sook, littérature coréenne, Corée du Sud, passion coréeMlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Li Chin ?

       "C'est un des premiers romans coréens que j'ai repéré et certainement un de ceux qui me tentait le plus. Malheureusement, il est maintenant épuisé. Alors quand je suis tombée dessus sur Vinted, je n'ai pas hésité. En tous cas, pas longtemps."

    • Dites-nous en un peu plus sur son histoire...

       "Li Chin est danseuse à la cour de la Reine Min, en Corée du Sud et pas n'importe quelle danseuse, la plus appréciée de toutes. Mais un autre destin l'attend. L'envoyé français tombe amoureux d'elle et avec lui, elle va découvrir Paris..."

    • Mais que s'est-il exactement passé entre vous ?

       "C'est un petit pavé et j'ai trouvé la première partie un peu longue. C'est très certainement du au fait que l'on commence avec le départ de Li Chin pour la France, avant de revenir en arrière et moi, je ne voulais pas revenir en arrière. Même si cela permet d'établir le contexte et de mettre en lumière le contraste entre les deux pays à la fin du 19' siècle, je le répète, c'était un peu long. Mais à partir du moment où la danseuse arrive en France, le récit est tout simplement passionnant. C'est très amusant de retrouver le Bon Marché, le Louvre et Maupassant dans un roman coréen pour commencer mais ça ne s'arrête pas là. Même si beaucoup de choses sont amenées avec subtilité, comme souvent dans la littérature de ce pays, j'ai trouvé l'autrice plutôt généreuse avec les français. Mais ne vous y trompez pas, le racisme est bien là, sous-jacent. Et ça ne l'empêche pas non plus de rappeler certains faits comme l'existence de l'imprimerie en Corée avant Gutenberg ou les demandes d'aide à la France qui ont été systématiquement ignorées... Et quand on sait un peu ce qu'il s'est passé à cette époque, et jusqu'à l'annexion de la Corée en 1910 par le Japon, on ne peut que tourner les pages de plus en plus en vite pour savoir ce que chacun va devenir."

    • Et comment cela s'est-il fini ?

       "Même s'il s'agit ici d'un roman, Li Chin a vraiment existé, tout comme Collin du Plancy, la reine Min et bien d'autres personnages. Leur destin n'appartenait donc pas complètement à l'autrice mais j'ai beaucoup aimé la façon dont elle a réussi à leur rendre justice il me semble. Maintenant, je rêve d'un roman sur la dernière reine de Corée, qui a vécu tant d'évènements terrible et décisifs pour son pays."

     

        Mlle Alice, merci, et à samedi prochain...

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  • La Langue et le Couteau de Kwon Jeong-Hyun

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    • la langue et le couteau, Kwon Jeong-hyun, littérature coréenne, Corée du Sud, Picquier, occupation japonaiseMlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec La Langue et le Couteau ?

       "Aux éditions Picquier, de nombreux ouvrages coréens ont été publiés au fil des ans mais il n'est pas toujours facile de les trouver encore aujourd'hui alors quand je tombe dessus, je n'hésite pas une seconde, et ce fut le cas de celui-ci..."

    • Dites-nous en un peu plus sur son histoire...

       "Trois personnalités, un soldat, un cuisinier et une jeune femme, trois nationalités, un japonais, un chinois et une coréenne, trois prismes différents pour observer l'effondrement de l'occupation japonaise..."

    • Mais que s'est-il exactement passé entre vous ?

       "J'ai beaucoup aimé le parti pris de départ, celui d'avoir ces trois personnalités si différentes, aux intérêts divergents, qui vont s'affronter ou s'entraider mais aussi de raconter l'occupation japonaise d'une manière vraiment originale, à travers la nourriture. J'ai d'ailleurs apprécié tous ces passages, qui mettent l'eau à la bouche, et l'escalade dans la relation malsaine du commandant et du cuisinier est très prenante. Mais en dehors de ça, l'intrigue est un peu faible à mon goût, même l'arrivée imminente des forces soviétiques ne distille pas la peur qu'elle devrait, n'installe pas la tension qui aurait pourtant été bienvenue, peut-être parce que le Commandant lui-même ne s'en préoccupe pas. Finalement, tout est raconté de manière si détachée, que l'on a du mal à avoir de l'empathie pour l'un ou pour l'autre. Je ressors donc de cette lecture un petit peu mitigée, sans trop savoir ce que j'en ai pensé, et sans être trop sûre de m'en souvenir longtemps."

    • Et comment cela s'est-il fini ?

       "C'est là que se concentre toute l'action et que l'histoire devient interessante mais on reste dans le côté un peu étrange et déroutant de ce récit."

     

        Mlle Alice, merci, et à samedi prochain...

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  • Les Orchidées Rouges de Shanghai de Juliette Morillot

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    • les orchidées de Shanghai,juliette morillon, littérature coréenne, Corée du Sud,hanguk, passion corée, femmes de réconfortMlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Les Orchidées Rouges de Shanghai ?

       "J'ai adoré l'essai de Juliette Morillot sur la Corée du Sud, c'était vraiment passionnant, alors j'ai été ravie d'apprendre que ce roman épuisé de l'autrice, sur un sujet qui me tient à coeur, allait enfin être réédité."

    • Dites-nous en un peu plus sur son histoire...

       "Sangmi n'a que quatorze ans lorsqu'elle est enlevée à la sortie de l'école, en 1937, par l'occupant japonais. C'est ici que sont destin de femme de réconfort commence..."

    • Mais que s'est-il exactement passé entre vous ?

       "Cette partie de l'histoire de la Corée me touche particulièrement. Ces très jeunes filles coréennes, entre 10 et 19 ans, qui ont été prostituées de force par les soldats japonais, attendent toujours aujourd'hui des excuses officielles. C'est une histoire terrible qui a besoin d'être racontée mais il est très difficile de le faire avec respect, sans verser dans le glauque et c'est pour cela que j'avais peur de me lancer dans cette lecture. J'ai adoré les 100 premières pages, j'ai été tout de suite happée, touchée par l'héroïne et l'écriture de l'autrice. Je pensais que j'allais le dévorer, qu'on se dirigeait vers un coup de coeur. Puis les choses ont commencé à se dégrader. J'ai d'abord cru qu'en entrant dans le vif du sujet, la lecture devenait naturellement plus difficile mais ce n'était pas seulement cela. Les longueurs se multiplient, les détails inutiles avec et on décroche, on se détache même de Sangmi et de ce qu'elle subit alors que ça devrait être le contraire. Mais surtout, plus je tourne les pages, plus je trouve tout cela ridicule. Ce roman aurait du être un roman chorale, un florilège de femmes, de leurs souffrances et de leurs histoires. Au lieu de ça, c'est Sangmi qui subit tout, qui a tout vu et tout vécu. Elle a été femme de réconfort, dans les pires bordels comme auprès d'un riche protecteur, elle a été espionne et traductrice, elle était là à Nankin, elle était là quand l'attaque sur Pearl Harbor se profilait, elle était parmi les cobayes des expérimentations japonaises aussi et dans l'une des villes bombardées de virus mortels... Elle était absolument partout. On dirait que l'autrice a pris une liste de toutes les exactions japonaises, et Dieu sait s'il y en a, et qu'elle a coché ses cases au fur et à mesure."

    • Et comment cela s'est-il fini ?

       "À Hiroshima évidemment ! Quand (attention spoiler) à l'instant où elle va retrouver son père, la bombe tombe droit sur elle et que Sangmi, seule survivante et décidément indestructible, sauve un bébé en coupant le cordon ombilical avec ses dents, j'ai juste ri en fait."

     

        Mlle Alice, merci, et à samedi prochain...

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