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Lire des Romans - Page 5

  • La Langue et le Couteau de Kwon Jeong-Hyun

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    • la langue et le couteau, Kwon Jeong-hyun, littérature coréenne, Corée du Sud, Picquier, occupation japonaiseMlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec La Langue et le Couteau ?

       "Aux éditions Picquier, de nombreux ouvrages coréens ont été publiés au fil des ans mais il n'est pas toujours facile de les trouver encore aujourd'hui alors quand je tombe dessus, je n'hésite pas une seconde, et ce fut le cas de celui-ci..."

    • Dites-nous en un peu plus sur son histoire...

       "Trois personnalités, un soldat, un cuisinier et une jeune femme, trois nationalités, un japonais, un chinois et une coréenne, trois prismes différents pour observer l'effondrement de l'occupation japonaise..."

    • Mais que s'est-il exactement passé entre vous ?

       "J'ai beaucoup aimé le parti pris de départ, celui d'avoir ces trois personnalités si différentes, aux intérêts divergents, qui vont s'affronter ou s'entraider mais aussi de raconter l'occupation japonaise d'une manière vraiment originale, à travers la nourriture. J'ai d'ailleurs apprécié tous ces passages, qui mettent l'eau à la bouche, et l'escalade dans la relation malsaine du commandant et du cuisinier est très prenante. Mais en dehors de ça, l'intrigue est un peu faible à mon goût, même l'arrivée imminente des forces soviétiques ne distille pas la peur qu'elle devrait, n'installe pas la tension qui aurait pourtant été bienvenue, peut-être parce que le Commandant lui-même ne s'en préoccupe pas. Finalement, tout est raconté de manière si détachée, que l'on a du mal à avoir de l'empathie pour l'un ou pour l'autre. Je ressors donc de cette lecture un petit peu mitigée, sans trop savoir ce que j'en ai pensé, et sans être trop sûre de m'en souvenir longtemps."

    • Et comment cela s'est-il fini ?

       "C'est là que se concentre toute l'action et que l'histoire devient interessante mais on reste dans le côté un peu étrange et déroutant de ce récit."

     

        Mlle Alice, merci, et à samedi prochain...

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  • Les Orchidées Rouges de Shanghai de Juliette Morillot

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    • les orchidées de Shanghai,juliette morillon, littérature coréenne, Corée du Sud,hanguk, passion corée, femmes de réconfortMlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Les Orchidées Rouges de Shanghai ?

       "J'ai adoré l'essai de Juliette Morillot sur la Corée du Sud, c'était vraiment passionnant, alors j'ai été ravie d'apprendre que ce roman épuisé de l'autrice, sur un sujet qui me tient à coeur, allait enfin être réédité."

    • Dites-nous en un peu plus sur son histoire...

       "Sangmi n'a que quatorze ans lorsqu'elle est enlevée à la sortie de l'école, en 1937, par l'occupant japonais. C'est ici que sont destin de femme de réconfort commence..."

    • Mais que s'est-il exactement passé entre vous ?

       "Cette partie de l'histoire de la Corée me touche particulièrement. Ces très jeunes filles coréennes, entre 10 et 19 ans, qui ont été prostituées de force par les soldats japonais, attendent toujours aujourd'hui des excuses officielles. C'est une histoire terrible qui a besoin d'être racontée mais il est très difficile de le faire avec respect, sans verser dans le glauque et c'est pour cela que j'avais peur de me lancer dans cette lecture. J'ai adoré les 100 premières pages, j'ai été tout de suite happée, touchée par l'héroïne et l'écriture de l'autrice. Je pensais que j'allais le dévorer, qu'on se dirigeait vers un coup de coeur. Puis les choses ont commencé à se dégrader. J'ai d'abord cru qu'en entrant dans le vif du sujet, la lecture devenait naturellement plus difficile mais ce n'était pas seulement cela. Les longueurs se multiplient, les détails inutiles avec et on décroche, on se détache même de Sangmi et de ce qu'elle subit alors que ça devrait être le contraire. Mais surtout, plus je tourne les pages, plus je trouve tout cela ridicule. Ce roman aurait du être un roman chorale, un florilège de femmes, de leurs souffrances et de leurs histoires. Au lieu de ça, c'est Sangmi qui subit tout, qui a tout vu et tout vécu. Elle a été femme de réconfort, dans les pires bordels comme auprès d'un riche protecteur, elle a été espionne et traductrice, elle était là à Nankin, elle était là quand l'attaque sur Pearl Harbor se profilait, elle était parmi les cobayes des expérimentations japonaises aussi et dans l'une des villes bombardées de virus mortels... Elle était absolument partout. On dirait que l'autrice a pris une liste de toutes les exactions japonaises, et Dieu sait s'il y en a, et qu'elle a coché ses cases au fur et à mesure."

    • Et comment cela s'est-il fini ?

       "À Hiroshima évidemment ! Quand (attention spoiler) à l'instant où elle va retrouver son père, la bombe tombe droit sur elle et que Sangmi, seule survivante et décidément indestructible, sauve un bébé en coupant le cordon ombilical avec ses dents, j'ai juste ri en fait."

     

        Mlle Alice, merci, et à samedi prochain...

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  • La Correspondante de Virginia Evans

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    • la correspondante, virginia evans, coup de coeur, la table ronde, éditions la table ronde, roman épistolaireMlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec La Correspondante ?

       "Comment ne pas s'arrêter sur cette si jolie couverture et ne pas être intriguée par ce titre quand on aime la correspondance. Après quelques recherches sur le thème du roman, et quelques avis argumentés dévorés, j'ai su qu'il était pour moi et je remercie les éditions de la Table Ronde de me l'avoir envoyé."

    • Dites-nous en un peu plus sur son histoire...

       "Maintenant à la retraite après une brillante carrière, Sybil en profite pour s'adonner à son passe-temps préféré, écrire des lettres. À ses amis, à sa famille, à ses auteurs préférés... Et à travers elles, on découvre l'héroïne et sa vie..."

    • Mais que s'est-il exactement passé entre vous ?

       "Ce roman épistolaire se lit facilement et lettre après lettre, on s'immerge un peu plus dans le quotidien de l'héroïne, on apprend à la connaître, elle et les éléments de son passé qui ont fait d'elle ce qu'elle est aujourd'hui. Elle n'est pas parfaite, loin de là, elle a même un sacré caractère, et aussi beaucoup de regrets, ce qui la rend très touchante. Les lettres sont très variées, certaines ont une importance capitale, d'autres paraissent ne pas en avoir, mais c'est ce qui fait la richesse de ce récit. Cela nous permet aussi de découvrir toutes les différentes facettes de la personnalité de Sybil et par là-même, de nous rappeler que nous sommes la somme de plusieurs versions de nous-même. Rien ne m'a paru inutile, pas une ligne, et progressivement, le coup de coeur s'est installé et a enflé, jusqu'à me faire espérer de ne jamais quitter l'héroïne et à verser quelques larmes quand le moment fut venu. C'est un roman profond, très fin dans l'analyse psychologique de ses personnages et d'une grande douceur. Il m'a également donnée très envie de me remettre à écrire des lettres et de perpétuer cet art qui a tendance à disparaître."

    • Et comment cela s'est-il fini ?

       "Je sais que je vais y repenser souvent et que cette lecture figurera parmi mes meilleures de l'année. Les éditions de la Table Ronde ont réitéré leur exploit de l'année dernière avec les Soeurs Field. Vivement leurs prochaines publications."

     

        Mlle Alice, merci, et à mercredi prochain...

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