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Lire des Classiques

  • Mariana by Monica Dickens

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    • mariana, Monica Dickens, littérature anglaise, persephone books, persephone classicsMlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Mariana ?

       "Je suis amoureuse de la collection des 'Classics' de Persephone Books. Je n'en ai lu qu'un pour le moment mais j'ai bien l'intention de rattraper mon retard. Avec en plus la bonne excuse de soutenir une librairie indépendante, j'ai donc commandé Mariana à la fin du confinement."

    • Dites-nous en un peu plus sur son histoire...

       "Comme son titre ne l'indique pas, Mariana égrène la vie de Mary, de ses étés à la campagne avec ses cousins dans les années 30, légers, insouciants,  à ce jour funeste, quelques mois seulement après le début de la guerre, où elle attend son mari sans être certaine qu'il reviendra jamais..."

    • Mais que s'est-il exactement passé entre vous ?

       "La construction de ce roman est très intelligente. Nous rencontrons Mary à l'âge adulte, alors qu'elle apprend que le destroyer à bord duquel se trouve son mari vient de sombrer et qu'il y aurait quelques survivants. Dès le chapitre suivant, nous voilà repartis en arrière pour suivre Mary de son enfance à son mariage et on devra donc attendre la toute dernière ligne du roman pour savoir si oui ou non, son époux a disparu en mer. Au début, le suspense est insoutenable puis ce sentiment se transforme au cours de la lecture. D'abord, on se laisse emporter par le rythme de ces étés de l'enfance, sans fin, sous le timide soleil anglais, puis on s'attache peu à peu à Mary évidemment, malgré ses défauts ou peut-être même à cause d'eux. On la découvre différente, on la voit grandir, on prend chacune de ses erreurs à coeur, chaque chagrin d'amour nous touche et alors que sa quête d'elle-même et de cet homme qui saura l'aimer pour ce qu'elle est se poursuit, on se prend à espérer de plus en plus fort qu'elle ne se soit pas achevée brutalement en pleine mer, quelques mois seulement après le mariage des deux amoureux... C'est un roman qu'il faut prendre le temps de lire et d'apprécier, qui cache une réflexion bien plus profonde que ce que l'on pourrait croire sur le fait d'être un individu à part entière et qui n'est pas dénué d'humour pour ne rien gâcher."

    • Et comment cela s'est-il fini ?

       "Mon plus grand regret est que l'histoire entre Mary et son mari prenne finalement si peu de place (en terme de pages, s'entend). J'aurais aimé tout savoir d'eux et j'ai été un peu frustrée, après avoir accompagné l'héroïne si longtemps dans chacun des rebondissements de sa vie, de passer si vite sur ce sujet en particulier.

       Un dernier petit détail : si comme moi vous aimez être surpris et vous interroger au cours de votre lecture, ne lisez pas la quatrième de couverture qui révèle malheureusement le prénom du mari alors que le premier chapitre écrit par l'auteur, prenait soin de ne pas le faire. La préface également en révèle un peu trop à mon goût. Pour ma part, je ne lis désormais ces éléments qu'après avoir achevé ma lecture."

     

        Mlle Alice, merci pour cette huitième participation au mois anglais et cette quatrième participation au challenge "In English, please", et à lundi prochain...

    Retrouvez toutes mes chroniques des 'Persephone Books' ICI

     

    Alors, vous craquez pour "Mariana" ?

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  • The Warden d'Anthony Trollope

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    • the warden, Anthony Trollope, thirkell, les chroniques de barsetshre, barstshire, the warden, le directeur, lire en VO, the in english please challengeMlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec The Warden ?

       "Bien qu'il s'agisse d'un style de livre et d'écriture totalement différents, les romans d'Angela Thirkell, que j'aime beaucoup, se déroulent autour de la ville imaginaire de Barsetshire, créée de toutes pièces par Anthony Trollope. Il était donc naturel que je finisse par vouloir découvrir l'endroit sous la plume de son auteur légitime, en commençant par le premier volet des "Chroniques de Barsetshire", The Warden (Le directeur, en français)."

    • Dites-nous en un peu plus sur son histoire...

       "Mr Harding, après une longue carrière au service de l'Église d'Angleterre, se voit récompenser d'une position bénéficiant d'un revenu confortable et d'une somme de travail très limitée. Mais la période est au changement et la gestion des biens du clergé est de plus en plus souvent remise en cause. Quand le directeur va à son tour être accusé de profiter de sa position et d'encaisser plus que son dû, son existence va en être ébranlée..."

    • Mais que s'est-il exactement passé entre vous ?

       "Ma principale déception vient du fait que ce n'est pas ce à quoi je m'attendais. Ce que j'aime particulièrement dans nombre de romans anglais, c'est cette ambiance de village peuplé de personnages hauts en couleurs et attachants. C'est ce que je venais chercher à Barsetshire alors que le roman tourne quasi exclusivement autour de cinq ou six protagonistes, et presque tous d'une même famille. Je retrouve également ce qui m'avait marqué dans Miss Mackenzie, du même auteur, cette propension à nous compliquer la tâche quand il s'agit d'apprécier les personnages. Le seul que Trollope épargne ici est Mr Harding pour lequel on se prend finalement d'affection mais même là, se joue une ambiguïté. Doit-on ou non soutenir sa cause ? L'auteur lui-même semble incapable de trancher (et je comprendrai mieux pourquoi en lisant la postface). On a trop peu d'éléments sur l'essentiel et beaucoup trop sur l'inutile à mon goût... Mais petit à petit, Mr Harding s'affirme et le lecteur a alors envie d'être derrière lui pour le soutenir dans sa démarche, la seule du roman à être menée pour les bonnes raisons..."

    • Et comment cela s'est-il fini ?

       "J'ai quand même aimé ce roman, qui pousse énormément à la réflexion sur de nombreux sujets : la place de chacun, la gestion du clergé, le pouvoir de la presse mais par-dessus tout, l'importance d'agir en conscience et en accord avec ses valeurs. Cependant, je recherche toujours ce même équilibre et cette même justesse dans la conclusion d'un roman et il me semble qu'ici, ce qui sont punis ne le méritaient pas vraiment et ceux qui ont agi sans réfléchir sont un peu trop récompensés."

     

        Mlle Alice, merci pour cette sixième participation au mois anglais et cette troisième participation au challenge "In English, please", et à lundi prochain...

    Retrouvez toutes mes chroniques des livres d'Anthony Trollope ICI

    et celles d'Angela Thirkell, par LÀ

     

    Alors, vous craquez pour "Le Directeur" ?

  • Jane Eyre de Charlotte Brontë

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    • jane eyre, Charlotte Brontë, Nathalie Novi, tibert editionsMlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Jane Eyre ?

       "Ma première rencontre avec Jane Eyre remonte à l'adolescence, époque où je dévorais avec avidité tous les classiques que je pouvais trouver dans la bibliothèque maternelle. Ma seconde rencontre se fit grâce au travail et à la générosité de Tibert Éditons."

    • Dites-nous en un peu plus sur son histoire...

       "Jane Eyre est une jeune orpheline mal aimée, qui comprendra très vite qu'elle devra faire seule son chemin dans la vie. Mais son premier poste de gouvernante, chez Mr Rochester, pourrait bien tout bouleverser..."

    • Mais que s'est-il exactement passé entre vous ?

       "Je vais commencer par vous parler de l'objet livre parce que, vraiment, c'est une pure merveille. Les dessins de Nathalie Novi collent une nouvelle fois à la perfection à l'univers du roman. C'est une réussite complète et entière, je n'ai pas le moindre bémol à relever et c'est sans aucun doute un ajout précieux à toute bibliothèque. Bravo à l'illustratrice et à toute l'équipe de Tibert Éditions qui me touchent en plein coeur avec l'amour si palpable qu'ils insufflent à leur travail.

       En ce qui concerne le roman, c'est plus compliqué. Je l'ai adoré dans le passé et j'avais très peur de le relire, sachant que beaucoup d'histoires de mon adolescence ne me plaisent plus aujourd'hui. Pourtant, je me suis à nouveau laissée happer assez facilement par le romantisme grandiloquent de Jane Eyre. En revanche, beaucoup d'autres petits détails m'ont gênés : les longues descriptions pour commencer, qui me donnaient souvent l'impression d'assister à une démonstration de lyrisme, les leçons de moralité, la rigidité et la froideur de certains personnages également, dont Jane Eyre elle-même malheureusement et surtout, les dialogues qui sonnaient souvent faux. Je sais que je vais m'attirer les foudres de certains mais je dois dire que la comparaison avec Jane Austen n'a vraiment pas joué en la faveur de Charlotte Brontë. Je lisais justement dernièrement une analyse d'Orgueil et Préjugés qui expliquait que c'était le réalisme parfait du roman qui en faisait un si grand chef-d'oeuvre et à la lecture de Jane Eyre j'ai ressenti l'exacte contraire. Sûrement est-ce une erreur de les comparer me direz-vous, et vous auriez parfaitement raison, mais voilà, c'est Charlotte Brontë elle-même qui s'est permise de critiquer assez vertement Jane Austen et qui m'a donc amenée à cette comparaison. Je dois ajouter que j'ai trouvé Mr Rochester fort peu attirant, et qu'en tant que psychologue, j'en aurais long à dire sur les conceptions de la beauté, de l'amour et du sexe de Charlotte Brontë. En bref, il me semble que Jane Austen fait mieux avec infiniment plus de simplicité mais il est évident que je ne suis certainement pas tout à fait neutre dans ce conflit.

    • Et comment cela s'est-il fini ?

       "Jane Eyre reste un classique incontournable, une grande histoire, d'une plume plus qu'élégante, à lire sans hésiter. Mais décidément entre Charlotte Brontë et Jane Austen, mon coeur ne balance pas une seconde. Si je reconnais le talent de la première, il n'atteindra jamais pour moi le génie de la seconde."

     

        Mlle Alice, merci, et à lundi prochain...

     

    Alors, vous craquez pour ce "Jane Eyre" magnifiquement illustré ?

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